Infos de la semaine du 20 au 24 novembre (Semaine 47 – Fruits)


Le Burkina Faso et l’humanisme en commun. Et si on prenait un peu de hauteur.

 

Françoise Héritier, née en 1933, est la deuxième femme professeur au Collège de France après Jacqueline de Romilly. Après des études d’histoire et de géographie puis d’ethnologie à la Sorbonne et au Musée de l’Homme, c’est à la suite du séminaire de Claude Lévi-Strauss à l’École pratique des hautes études, qu’elle décide de partir sur le terrain pendant l’année 1958 en Afrique Occidentale. Elle lui succèdera au Collège de France, inaugurant la chaire d’« étude comparée des sociétés africaines ». Lévi-Strauss voyait en elle son successeur. Devenue ethnologue africaniste, elle accomplit pour plusieurs années de missions, notamment en Haute-Volta (actuel Burkina Faso) chez les Samo. Françoise Héritier reçoit en 1978 la médaille d’argent du CNRS pour ses travaux sur le fonctionnement des systèmes semi-complexes de parenté et d’alliance. En 1980 elle devient directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Son champ de recherche sociale porte notamment sur la domination masculine, les systèmes de parenté et la prohibition de l’inceste. Françoise Héritier est morte le 15 novembre 2017. Réécoutez ses interviews, lisez ses livres: c’est une grande dame.

Pierre Rabhi, né en 1938 à Kenadsa, est un essayiste, agriculteur bio, romancier, écologiste et poète français, fondateur du mouvement Colibris. Né dans une oasis du Sud algérien d’un père forgeron, Pierre Rabhi est confié à un couple de Français dès son jeune âge. Il reçoit alors une éducation européenne, tout en préservant ses racines. Arrivé en France dans les années 1950, ouvrier dans une usine de la capitale, Pierre remet en cause les valeurs de productivisme et de compétition de la modernité et décide de s’installer avec sa famille dans une ferme ardéchoise. Après s’être heurté aux pratiques désastreuses de l’agriculture intensive, il se tourne vers des méthodes respectueuses de la nature. Fort de cette réussite, c’est en 1981, au Burkina Faso, qu’il commencera à transmettre son amour de la terre et son savoir-faire agroécologique.

Transmission qu’il n’a cessé de poursuivre aux quatre coins du monde, cherchant à fertiliser les sols désertiques, à redonner leur autonomie alimentaire aux plus démunis, à promouvoir une réconciliation entre les Hommes et la Terre-Mère et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une “sobriété heureuse”…

“On peut manger bio, recycler son eau, se chauffer à l’énergie solaire et exploiter son prochain. L’agroécologie doit être une alternative sociale.” Pierre Rabhi

 

Solidairement vôtre

Nelly